Le président de la république a annoncé, au lendemain du dramatique incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, que l’édifice soit restauré en cinq ans. « Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore et je veux que ce soit achevé d’ici cinq années ». Depuis la veille, de nombreux commentateurs annonçaient plusieurs dizaines d’années de travaux, les experts s’accordant plutôt sur 10 à 15 ans.

Les dégâts sont considérables, les charpentes, les couvertures et la flêche ont disparu. Deux coupoles se sont effondrées. L’intégrité de la structure et des tours présente des fragilités. Sur RTL, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est inquiété du risque d’effondrement du « pignon du transept nord ». Il a cité également « une deuxième partie, qui est sur la tour sud, à l’intérieur, qui a été très attaquée par le feu et qui risque, en s’effondrant, d’entraîner le pignon central triangulaire qui est entre les deux tours ».

L’émotion suscitée par cette catastrophe a provoqué un afflux de promesses de dons en argent, mais aussi en nature et en intelligence.

Le bâtiment prêt à aider

La FFB a annoncé qu’elle se tenait à disposition de la Nation, du gouvernement et de la Mairie de Paris pour accompagner les opérations de reconstruction. Jacques Chanut, son président, a précisé que « La FFB a toujours été au centre des travaux de rénovation des cathédrales et ses entreprises adhérentes, tout particulièrement celles du GMH sont engagées et volontaires pour répondre présentes. Les bâtisseurs d’aujourd’hui, à l’image des artisans et entrepreneurs d’hier, relèveront ce défi comme ils l’ont toujours fait. »

Un milliard d’euros de dons

Outre un don de 200 millions d’euros, la famille Arnault et le groupe LVMH, ont proposé de mettre à disposition ses « équipes créatives, architecturales, financières » pour aider au travail de reconstruction. L’Oréal et la fondation Bettencourt cumulent aussi 200 millions d’euros de dons. La famille Pinault va débloquer 100 millions d’euros via sa société d’investissement Artemis. Le PDG du groupe Total Patrick Pouyanné a annoncé que le groupe, « premier mécène de la Fondation du patrimoine », allait faire un don de 100 millions d’euros. Martin et Olivier Bouygues, Marc Ladreit de Lacharrière, Crédit agricole, Apple Vinci, Capgemini vont aussi abonder à la collecte. Vinci propose à tous les constructeurs de France « d’unir leurs forces » dans un « mécénat de compétences ». Saint-Gobain propose son « expertise en matière de rénovation et de matériaux, notamment en matière de restauration de vitraux ». Au matin du deuxième jour après l’incendie, le cumul des promesses de dons aurait atteint le milliard d’euros.

Le bois ne manquera pas

Bertrand Servois, Président de l’UCFF – Les Coopératives Forestières a indiqué que « Les 110 000 propriétaires forestiers privés regroupés au sein des coopératives forestières françaises, étaient prêts à offrir les chênes de leurs forêts, nécessaires à la filière Bois, pour la reconstruction de la charpente », l’édifice devant utiliser, selon lui, le chêne français comme structure historique pour sa charpente. Le Groupe Charlois, premier producteur français de bois de chêne, a aussi annoncé qu’il fera un don en nature pour la reconstruction de la charpente. Sylvain Charlois, indiquant qu’il « n’y a pas en France des stocks de bois déjà sciés disponibles pour un tel chantier », lance un appel à « toutes les bonnes volontés » de la filière pour constituer ce stock et propose de stocker le bois sur son site historique de Murlin, dans la Nièvre. La fondation Fransylva a demandé aux « 3,5 millions de propriétaires privées de forêts en France de donner un chêne pour la reconstruction de Notre-Dame ». La Caisse des Dépôts propose des chênes issus de ses forêts gérées par la Société forestière, Groupama propose également 1 300 chênes de ses forêts normandes.

 

Photo : Anna Ader