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Armes de l’âge du bronze et légion romaine sur le Mont Castel dans le Calvados

Armes de l’âge du bronze et légion romaine sur le Mont Castel dans le Calvados

Dominant la mer, le Mont Castel, à Port-en-Bessin (Calvados) est un site archéologique unique en son genre. Un dépôt d’armes en bronze daté de 1000 avant notre ère vient d’y être découvert, ainsi que les vestiges d’une implantation militaire romaine, datée de la fin de l’indépendance gauloise. Ce site fortifié est depuis 2014 l’objet d’une fouille programmée par une équipe d’archéologues de l’Inrap, du CNRS et du Conseil départemental du Calvados.

La période entre la fin de l’indépendance gauloise et le début de la romanisation –soit entre 52 et 24 avant notre ère reste méconnu, les sources historiques n’apportant que des renseignements indirects sur la situation politique et sociale. Toutefois, l’année 52 et la défaite d’Alésia n’ont marqué ni la fin de la guerre contre Rome ni la romanisation immédiate de la société celtique. La culture matérielle et spirituelle de la Gaule demeure essentiellement indigène jusqu’à l’époque augustéenne (de 27 av. à 14 de notre ère).

Le Mont Castel est occupé à cette époque par une légion romaine. Sur le terrain, des fours, des celliers, des latrines et quelques rares bâtiments ont été exhumés. La dernière campagne de fouille vient de mettre au jour un horreum, vaste entrepôt destiné au stockage de denrées et au ravitaillement des légions en mission. Cet édifice de près de 33 m de long pour 9 m de large, permet, aujourd’hui, d’entrevoir l’importance économique et logistique du Mont Castel.

La découverte d’équipement militaire romain sur le Mont Castel constitue un fait nouveau pour l’ouest de la France. Il consiste en armement offensif (pilum, javelot, pugio, spatha, balle de fronde), défensif (cotte de maille, orles de bouclier, boucles de cuirasse) et en harnachement équestre (hipposandale, éperons). Les monnaies découvertes sont exceptionnellement nombreuses. Sur un site marqué par d’indéniables activités militaires, elles auraient vocation à rétribuer des troupes et peut-être plus particulièrement des auxiliaires gaulois. Un tiers de ce numéraire est en argent et appartient à des séries présentes dans les fossés du siège et les camps romains d’Alésia : deniers romains, oboles de Marseille, quinaires séquanes etc. Frappé à Rome en 36 avant notre ère, l’exemplaire le plus récent commémore l’apothéose de Jules César et représente à son revers la Gaule vaincue…

Photo : Vue zénithale de l’horreum, au centre du cliché, et en retour une deuxième construction des tionée au stockage. Denis Gliksman, Inrap

Source : Inrap

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