La Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson dévoilera le 26 juin 2026 une nouvelle œuvre monumentale issue de ses ateliers : la tapisserie « Salammbô », réalisée d’après une création de Philippe Druillet. Inspirée de la trilogie de bande dessinée publiée à partir de 1980 et elle-même adaptée du roman de Gustave Flaubert, cette œuvre de près de 12 m² témoigne de la rencontre entre le patrimoine vivant d’Aubusson et l’univers graphique de l’un des grands noms de la science-fiction française.

Le dévoilement interviendra à l’occasion de la traditionnelle « tombée de métier », moment au cours duquel la tapisserie est détachée du métier à tisser et révélée pour la première fois dans son intégralité.

Carton Salammbô de Philippe Druillet ©Cité internationale de la tapisserie

Une œuvre monumentale inspirée de Salammbô

D’une dimension de 3,88 mètres sur 3 mètres, la tapisserie met en scène la figure de Salammbô, prêtresse carthaginoise imaginée par Gustave Flaubert au XIXe siècle puis réinterprétée par Philippe Druillet dans sa trilogie publiée au début des années 1980.

Autour du personnage central se déploient neuf guerriers représentés dans des médaillons, au sein d’une composition foisonnante caractéristique de l’univers de l’artiste. Architectures monumentales, décors labyrinthiques, références mythologiques et couleurs intenses composent une œuvre fidèle à l’esthétique visionnaire de Philippe Druillet.

Le savoir-faire des lissiers d’Aubusson

La réalisation de la tapisserie a mobilisé les ateliers Françoise Vernaudon et Ines Herlin, à partir d’un carton élaboré par Mathilde Claude.

L’œuvre a été tissée selon les techniques traditionnelles d’Aubusson, inscrites depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Le travail des lissiers restitue la richesse graphique du dessin original grâce à de subtils dégradés, une grande variété de matières et une interprétation particulièrement fidèle des couleurs. Cette réalisation illustre la capacité des ateliers d’Aubusson à transposer des univers contemporains tout en perpétuant un savoir-faire plusieurs fois centenaire.

Mathilde Claude, Delphine Mangeret et Philippe Druillet, préparation du carton de la tapisserie Salammbô © Cité internationale de la tapisserie 2025

Philippe Druillet entre dans les collections d’Aubusson

Avec « Salammbô », la bande dessinée fait son entrée dans les collections de la Cité internationale de la tapisserie.

Figure majeure du neuvième art, Philippe Druillet a profondément renouvelé la bande dessinée de science-fiction. Cofondateur de la revue Métal Hurlant et des Humanoïdes Associés, il a développé un univers graphique singulier mêlant architectures monumentales, paysages cosmiques et iconographie mythologique. Son œuvre dépasse largement le champ de la bande dessinée puisqu’elle s’étend également au design, au mobilier, à la scénographie ou encore à la sculpture.

Une tradition ouverte à la création contemporaine

Cette nouvelle tapisserie s’inscrit dans la politique menée par la Cité internationale de la tapisserie depuis son ouverture en 2016, visant à associer patrimoine, création contemporaine et transmission des savoir-faire.

Installée dans l’ancienne École nationale d’art décoratif d’Aubusson réhabilitée, l’institution conserve plusieurs siècles de production tout en développant un important fonds contemporain et des commandes auprès d’artistes issus d’horizons variés.

À travers « Salammbô », la Cité confirme sa volonté de faire dialoguer l’art du tissage avec les grandes expressions de la création contemporaine, tout en assurant la transmission des savoir-faire qui font la renommée d’Aubusson depuis le XVe siècle.

Photo : Tissage Salammbô de Philippe Druillet © Cité internationale de la tapisserie