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À Paris, 61% des résidences principales ont été construites avant 1948

Bien rénover, c’est bien isoler

L’isolation de l’habitat en rénovation est un problème de plus en plus d’actualité, auquel tous les participants à l’acte de réhabiliter s’efforcent d’apporter des réponses pertinentes. Voici des chiffres, des faits, des innovations et des exemples concrets.

Les immeubles d’habitation ayant été construits avant 1948, de type Haussmannien, représentent 53 % des copropriétés en France et 61 % des résidences principales à Paris. Ces bâtiments sont généralement caractérisés par une absence d’isolation intérieure, une densité et épaisseur importantes des murs extérieurs, une forte inertie thermique, peu de ponts thermiques, et une consommation énergétique de référence de 253 kWh/m2.an en zone climatique rude. Ceux datant des années 1948 à 1975, soit 20 à 25 % des copropriétés en France et 50 à 60 % des logements HLM, présentent une faible étanchéité à l’air, et une consommation énergétique de référence de 398 kWh/m2.an. Enfin, dans les années 80 – 16 % des copropriétés et 14 % des logements HLM – on a construit des bâtiments dotés d’isolation par l’intérieur, d’isolation de la toiture terrasse avec d’importants ponts thermiques et une consommation énergétique de référence de 230 kWh/m2.an. Ces trois typologies sont équipées de chaudières des années 80.

La bonne restauration d'un toit passe nécessairement par le choix d'un bon système d'isolation. Photo : Koramic
La bonne restauration d’un toit passe nécessairement par le choix d’un bon système d’isolation. Photo : Koramic

Des recommandations pragmatiques

Ce sont ces chiffres que l’étude réalisée par Cardonnel Ingéniérie pour la Fédération des Services Énergie Environnement prend pour point de départ pour proposer des recommandations de rénovation adaptées à chaque cas pour augmenter les performances énergétiques. C’est ainsi que pour les bâtiments d’avant 1948, qui concernent au premier chef les spécialistes du bâti ancien, il est préconisé des actions sur les équipements thermiques (changement de chaudière, isolation des réseaux en volume non chauffé, mise en place de robinets thermostatiques et équilibrage des réseaux hydrauliques) et une isolation du plancher bas. Pour les bâtiments des 30 Glorieuses, les actions les plus pertinentes dépendent très largement de l’état constaté. Toutefois les stratégies de rénovation les mieux adaptées consistent, selon l’étude, à agir sur l’enveloppe avec un effort financier conséquent ou à combiner des opérations sur les équipements thermiques comme le changement de chaudière. Et pour les bâtiments construits dans les années 80, il est possible de réduire la consommation énergétique en combinant plusieurs actions sur l’enveloppe ou en agissant uniquement sur les équipements thermiques.

Soufflage d'isolant Isonat Cotonwool dans les combles.  Photo : Isonat Cotonwool
Soufflage d’isolant Isonat Cotonwool dans les combles.
Photo : Isonat Cotonwool

Pour isoler les toits… et sous les toits

Fibratec Ultra Réno, spécialement conçu par Knauf pour l’isolation des toits des bâtiments anciens d’habitation ou des locaux à faible et moyenne hygrométrie, offre une solution sans pont thermique en assurant une isolation continue au-dessus de la charpente existante. Conçu avec l’isolant XTherm Ultra 32 FTEC SE ignifugé, le produit atteint une résistance supérieure à 6. Disponible en 111 ou 196 mm, ce panneau s’installe en trois phases : pose des chevrons, des panneaux puis de la couverture. Cette pose facilitée, perpendiculaire au rampant, permet un gain de temps sur les chantiers de rénovation. L’isolation continue ne nécessite pas la pose d’un support continu, et dans certains cas, ni d’écran ni de pare-vapeur. Il n’est pas nécessaire de supprimer l’isolant déjà en place, et ce système n’implique pas d’intervenir nécessairement sur la sous-face. Pour les combles perdus, une innovation récente est apparue sur le marché : issu des chutes de l’industrie textile, Isonat Cotonwool a été certifié Acermi jusqu’à un R de 12 m2.K/W. Actuellement, cet isolant à souffler est le seul produit bio-sourcé du marché à proposer des valeurs certifiées au-delà du niveau Bepos (Bâtiment à énergie positive) imposé par la RT 2012. Initié en février 2013 par l’association Effinergie, le Bepos est l’équivalent pour la RT 2013, du BBC de la RT 2005. L’isolation des combles perdus est stratégique puisqu’ils représentent à eux seuls jusqu’à 25 % des déperditions énergétiques. C’est la raison pour laquelle le niveau Bepos impose un niveau de 10 m2.K/W en combles perdus, deux fois supérieur à celui des murs et des sols (5 m2.K/W). La quantité d’isolant à souffler est jusqu’à 3 fois moins importante que pour les autres produits, d’où un haut niveau de performance thermique, qui ne surcharge pas les structures anciennes, en conformité avec le DTU 25.41. Le textile recyclé est hygrorégulateur et capte l’humidité ambiante sans perdre en performances. Il est également insensible aux moisissures et garantit une intégrité thermique longue durée.

Ancienne gare reconvertie en bureaux datant du début du 20ème siècle dans l'état initial avant travaux. Photo : I-Tech Bois
Ancienne gare reconvertie en bureaux datant du début du 20ème siècle dans l’état initial avant travaux. Photo : I-Tech Bois

Une solution originale d’ITE pour le bâti ancien

Selon une étude menée en octobre 2013 par le cabinet TBC Innovation, le marché de l’isolation par l’extérieur connaît un intérêt grandissant et une croissance continue, avec une hausse de 22 % entre 2011 et 2013. Si l’ITE reste majoritairement un marché de rénovation (58 %), il ne concerne cependant pas tout le bâti ancien, loin de là. Il est évident que des façades présentant un intérêt architectural particulier, que ce soit en terme de décoration ou de modénatures, ne peuvent être isolées par un procédé certes efficace mais qui, par essence, masque les murs. En revanche, pour des bâtiments plus ordinaires, sans attrait spécial, l’ITE est parfaitement recommandable. Les grands fabricants, Knauf en tête, ont mis au point des solutions techniques hautement performantes. Mais des structures plus modestes – faisant preuve d’ingéniosité – proposent également de nouvelles approches, comme I-Tech Bois avec une offre innovante, qui confère esthétisme et pérennité au bâtiment.

Pose du système combiné isolation + bardage sur les murs de l'ancienne gare.  Photo : I-Tech Bois
Pose du système combiné isolation + bardage sur les murs de l’ancienne gare.
Photo : I-Tech Bois

Constitué d’un panneau d’OSB, d’un isolant en laine de bois semi-rigide, d’un isolant pare-pluie en fibres de bois rigide certifié Acermi et sous Avis technique du CSTB, et d’un bardage bois traité par haute température, le procédé apporte une réponse sur-mesure et adaptée à certains chantiers en rénovation. Grâce à la préfabrication, chaque étape est maîtrisée et le chantier se résume finalement à quelques heures sur site pour appliquer la façade, environ 60 m2/jour. I-Tech-Bois s’appuie sur les compétences de deux partenaires de la filière bois bourguignonne : le Groupe Ducerf et l’entreprise Charpentes Nugues. Les photos que nous présentons ici montrent les travaux réalisés sur une ancienne gare SNCF datant d’environ 1900 transformée en local administratif, dont la structure est en pierres et mâchefer. Les isolants mis en œuvre sont 140 mm de laine de bois et 60 mm de fibre de bois avec bardage bois HT, pour une performance thermique de R= m2.K/W.

 

 

couverture Atrium Construction Ce dossier est paru dans le numéro 64 d’Atrium Construction. Retrouvez l’intégralité du magazine sur www.kiosque21.com

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