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Entreprises, industriels et associations veulent que la France s’engage avec l’Europe pour les économies d’énergie

La France refuse de soutenir la position du Parlement européen en faveur d’un objectif contraignant de 20% d’économies d’énergie d’ici 2020 lors du dernier Conseil des ministres de l’UE. Les réactions face à cette position ne se sont pas faites attendre.

Le Syndicat des Entreprises de Génie Electrique et Climatique (SERCE) s’étonne de la contradiction entre les orientations développées dans le cadre du Grenelle de l’environnement depuis 2009 et le refus de les intégrer dans le projet de directive européenne qui est un point essentiel pour faire progresser la rénovation énergétique dans notre pays. Un collectif regroupant associations de défense de l’environnement, de consommateurs, mais aussi des groupements d’industriels de l’isolation et de l’énergie, demandent instamment d’adopter une position constructive pour que cette Directive soit ambitieuse.

L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas. Ce credo, maintes fois répété et agréé en France lors du Grenelle de l’Environnement et plus récemment lors de la table ronde nationale sur l’efficacité énergétique, se voit aujourd’hui offrir une chance de prendre une dimension européenne grâce au projet de directive sur l’efficacité énergétique qui fera à partir du 13 avril l’objet d’une négociation tripartite entre la Commission européenne, les Etats-Membres et le Parlement Européen.
Après l’adoption d’un texte ambitieux par le Parlement européen, les premières prises de position officielles de l’administration française sur le projet suscitent l’étonnement et nombre de leurs demandes inquiètent, comme la suppression du plan de long terme de rénovation de l’ensemble du parc immobilier, l’affaiblissement de l’ambition de développement de la cogénération ou bien encore l’exclusion des collectivités locales de l’obligation de rénovation des bâtiments publics. De plus, alors que le coût des carburants bat actuellement des records, la demande de ne pas prendre en compte dans l’assiette de calcul des pans entiers de la consommation énergétique française mène à une diminution de 40% des objectifs globaux d’économies d’énergie. La position Française actuelle conduirait donc à revoir considérablement à la baisse les ambitions de la Directive proposées par la Commission et le Parlement ; elle apparaît aussi en complet décalage avec les objectifs et exigences fixées dans les lois Grenelle 1 et 2 et avec la volonté affichée par le Gouvernement lors de la concertation nationale fin 2011.

Avec 40% des consommations totales d’énergie en France et en Europe, le secteur du bâtiment représente un enjeu majeur à la fois pour notre indépendance énergétique et dans la lutte contre les changements climatiques. L’efficacité énergétique est une source majeure de création de valeur économique et d’emplois non délocalisables. Elle permettra aux consommateurs, dont le rôle est central, de ne pas subir la hausse endémique du coût de l’énergie en maitrisant leur consommation. Elle permettra enfin de résorber structurellement la précarité énergétique dont l’urgence de traitement a été largement soulignée par le dernier bilan du médiateur de l’énergie.

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