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La première maison en béton du monde menace de s’effondrer

La première maison en béton du monde menace de s’effondrer

À Saint-Denis, la maison Coignet, première construction en béton aggloméré au monde, tombe en ruine. La DRAC d’Île-de-France travaille à la faire classer aux monuments historiques. Antoine-Marie Préaut, conservateur régional des monuments historiques d’Île-de-France, indique : la maison Coignet est « un patrimoine exceptionnel ». Construite en 1853 par l’industriel lyonnais François Coignet, c’est la première maison au monde a avoir été construite en béton aggloméré. En installant sa manufacture de produits chimiques à Saint-Denis, le visionnaire Coignet, également inventeur et ingénieur, mène de nouvelles expérimentations de construction. C’est ainsi qu’est érigée la maison Coignet, dans un matériau révolutionnaire. « Si le béton existe depuis l’Antiquité, la recette de François Coignet est unique au monde », décrit Antoine-Marie Préaut. Économe en eau, fabriqué à partir de déchets industriels recyclés, le béton de Coignet, appelé successivement béton moulé, pisé, puis aggloméré, a l’avantage d’être solide, économique et écologique. « Cette maison, c’est une démonstration de son invention, un show-room à ciel ouvert ».

Laissée à l’abandon depuis plusieurs années, l’architecture menace de s’écrouler. « Ses murs sont gorgés d’eau et elle subit la pression de la végétation. Le béton n’est plus étanche du tout. Quand il est infiltré, il s’affaiblit. Si on n’agit pas très vite, on va finir par perdre la maison », s’alarme le conservateur. La bâtisse est dans un tel état de délabrement qu’aucun diagnostic précis ne peut être établi : « on ne peut pas rentrer à l’intérieur, c’est trop dangereux », explique-t-il. La DRAC préconise de poser en urgence une protection à l’humidité, sous la forme d’un « parapluie géant », décrit Antoine-Marie Préaut. « On doit mettre un immense échafaudage bâché qui ne reposera pas sur le bâtiment, trop fragile actuellement. » La maison appartient à Saria, une entreprise de recyclage de produits organiques, dont les infrastructures se situent à côté. La Drac sollicite la société pour qu’elle assure la conservation du bâtiment. « Selon le code du patrimoine, le propriétaire d’un monument historique inscrit ou classé a l’obligation de le conserver. Quelque part, il a un rôle de passeur de monument. Si cette responsabilité n’est pas honorée, l’État peut se substituer à lui », résume le conservateur.

Photo : MOSSOT – Wikimédia