À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Marot (1926–2021), la Villa Arson met en lumière l’œuvre de l’architecte qui a conçu cet ensemble emblématique de l’architecture contemporaine française. Inaugurée en 1972, la Villa Arson constitue l’une des réalisations majeures de Michel Marot et témoigne d’une vision de l’architecture pensée comme un lieu de vie, de création et de transmission.

Né à Troyes en 1926, Michel Marot est diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts en 1950. Il complète sa formation aux États-Unis grâce à une bourse Fullbright, suivant les enseignements de l’atelier de City Planning à Harvard, où il découvre notamment les travaux de Walter Gropius, Ludwig Mies van der Rohe, Eero Saarinen, Louis Kahn et Frank Lloyd Wright. Lauréat du Prix de Rome en 1954, il séjourne ensuite à la Villa Médicis jusqu’en 1958. Son parcours est marqué par la réalisation de l’église Sainte-Agnès à Fontaine-les-Grès, qui lui vaut l’Équerre d’Argent en 1963.
Architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux à partir de 1960, Michel Marot est chargé des Alpes-Maritimes et de la Corse, avant d’assurer la responsabilité de monuments majeurs tels que l’Arc de Triomphe et les Archives nationales. En 1964, il se voit confier par le ministère des Affaires culturelles la conception de la Villa Arson, dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle portée par André Malraux.
Le projet de la Villa Arson se déploie sur la quasi-totalité du site de l’ancien domaine Arson. Les bâtiments en béton, recouverts de galets, s’inscrivent dans le paysage existant en préservant les grands sujets végétaux et en s’organisant autour d’un système de terrasses inspiré des jardins à l’italienne. La bâtisse historique est intégrée dans une composition étagée qui mène à des auditoriums extérieurs ouverts vers la mer. L’architecture, évoquant les villages perchés méditerranéens, joue sur les continuités entre intérieur et extérieur, le dialogue entre le minéral et le végétal, et un parcours fait de cheminements et de séquences spatiales.
Conçue comme une institution d’un nouveau type, la Villa Arson réunit sur un même site une école d’art, un centre d’exposition dédié à l’expérimentation et des résidences internationales. Ce campus artistique répondait à l’ambition de créer en région un équipement culturel capable de rivaliser avec les grandes écoles parisiennes, tout en offrant un cadre propice aux échanges et à la création.
Inscrite aujourd’hui au titre des Monuments historiques, la Villa Arson fait l’objet d’une attention patrimoniale particulière. Michel Marot est resté tout au long de sa vie attentif aux évolutions de son œuvre, entretenant un lien étroit avec le bâtiment et les équipes qui l’animent. Le centenaire de sa naissance constitue l’occasion de réinterroger l’héritage architectural de la Villa Arson et la place de cette réalisation dans l’histoire récente du patrimoine architectural français.
Photos © Villa Arson
