Du 15 mai au 31 octobre 2026, le Centre des monuments nationaux (CMN) participe à la Saison Méditerranée 2026, une manifestation culturelle nationale portée par l’Institut français qui met à l’honneur les échanges entre les peuples et les cultures du bassin méditerranéen. À travers une programmation déployée dans plusieurs monuments emblématiques de son réseau, le CMN propose une rencontre entre patrimoine et création contemporaine, invitant artistes et visiteurs à porter un regard renouvelé sur des lieux chargés d’histoire.
Plus qu’une simple succession d’expositions, cette saison illustre la manière dont les monuments historiques peuvent aujourd’hui devenir des espaces de dialogue, capables d’accueillir des démarches artistiques contemporaines tout en valorisant leur identité patrimoniale.
La Méditerranée comme fil conducteur
Carrefour de civilisations depuis l’Antiquité, la Méditerranée a façonné l’histoire, les échanges commerciaux, les influences artistiques et les savoir-faire de nombreux territoires. Cette richesse culturelle constitue le fil rouge de la Saison Méditerranée, qui rassemble plus de deux cents événements organisés à travers la France autour de thèmes tels que les circulations humaines, les patrimoines partagés, les traditions artisanales ou encore les enjeux contemporains liés aux paysages méditerranéens.
Pour le Centre des monuments nationaux, cette programmation trouve naturellement sa place au sein de plusieurs sites dont l’histoire est intimement liée à cet espace géographique. Châteaux, fortifications, abbayes ou sites archéologiques deviennent ainsi les supports d’un dialogue entre leur héritage historique et les regards portés par des artistes d’aujourd’hui.
Le Château d’If, entre mémoire et horizon
Au large de Marseille, le Château d’If accueille l’installation Mon plus beau plan fixe du cinéaste et plasticien Hassen Ferhani.
Construite autour d’une création vidéo et sonore, l’œuvre investit l’une des tours de cette ancienne forteresse rendue célèbre par Alexandre Dumas. Face à la mer, le visiteur est invité à réfléchir aux notions de frontière, d’enfermement et de liberté. Les récits en français et en arabe résonnent avec l’histoire du lieu, longtemps utilisé comme prison, tout en évoquant les multiples circulations qui caractérisent la Méditerranée.
L’installation ne transforme pas le monument ; elle s’appuie au contraire sur son architecture et sur son rapport au paysage pour proposer une lecture contemporaine de son histoire.
À Aigues-Mortes, les savoir-faire au cœur de la création

Aigues-Mortes, la cité vue depuis la tour de Constance : portes de la Marine et des Galions © Laurent Lecat / Centre des monuments nationaux
Aux Tours et remparts d’Aigues-Mortes, l’artiste franco-marocaine Sara Ouhaddou présente Rallumer les étoiles.
Ses œuvres, réalisées avec des artisans spécialisés dans le verre, le textile ou la céramique, prennent place dans l’enceinte médiévale en s’inspirant des traditions populaires méditerranéennes. Motifs géométriques, objets protecteurs et références aux pratiques artisanales dialoguent avec les pierres de la cité fortifiée.
Cette approche met en lumière la permanence des savoir-faire tout en montrant combien les échanges culturels ont contribué, au fil des siècles, à façonner les patrimoines des deux rives de la Méditerranée.
Les monuments comme lieux d’expérimentation
D’autres sites du Centre des monuments nationaux participent également à cette programmation, parmi lesquels l’abbaye de Montmajour, la Villa Kérylos, le Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon ou encore la Cité internationale de la langue française.
Chaque projet est conçu spécifiquement pour le monument qui l’accueille. Il ne s’agit pas d’installer des œuvres dans un décor historique, mais d’établir un dialogue entre l’architecture, l’histoire du lieu et les questionnements des artistes contemporains.
Cette démarche témoigne de l’évolution du rôle des monuments historiques. Tout en poursuivant leur mission de conservation et de transmission, ils deviennent également des lieux de création, de recherche et d’expérimentation culturelle.
Une nouvelle manière de faire vivre le patrimoine
Depuis plusieurs années, le Centre des monuments nationaux développe une politique qui associe restauration, valorisation et création contemporaine. Cette orientation répond à une évolution profonde du regard porté sur le patrimoine. Les monuments ne sont plus seulement perçus comme des témoins du passé, mais comme des espaces vivants capables d’accueillir de nouvelles formes d’expression artistique.
La Saison Méditerranée s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Les œuvres présentées ne cherchent pas à concurrencer l’architecture historique ; elles s’appuient sur elle pour proposer de nouvelles lectures, révéler certains aspects méconnus des sites ou interroger leur résonance avec les enjeux contemporains.
Patrimoine et création, un dialogue fécond
En réunissant artistes contemporains, architectes, artisans d’art et conservateurs autour de monuments emblématiques, le Centre des monuments nationaux démontre que la création peut constituer un formidable outil de médiation patrimoniale.
Cette programmation invite les visiteurs à découvrir autrement des lieux parfois familiers, tout en rappelant que le patrimoine n’est jamais figé. Héritage du passé, il continue de s’enrichir des regards et des pratiques de chaque époque. À travers la Saison Méditerranée, les monuments deviennent ainsi des espaces de rencontre entre mémoire, création et transmission, où l’histoire dialogue naturellement avec les expressions artistiques contemporaines.


