Le Château Borély présente l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles », qui retrace l’évolution des arts décoratifs entre 1889 et 1937. À travers près de 300 œuvres, elle met en lumière les continuités et les ruptures entre ces deux esthétiques majeures, tout en soulignant le rôle de Marseille dans leur diffusion.

Une période charnière des arts décoratifs

Entre la fin du XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, les arts décoratifs connaissent une transformation profonde.

Aux formes organiques et naturalistes de l’Art nouveau succèdent progressivement les lignes épurées et géométriques de l’Art déco. Cette mutation, nourrie notamment par les expositions universelles de 1900 et 1925, marque une étape décisive dans l’émergence de la modernité. L’exposition propose de parcourir cette séquence en croisant approches stylistiques et contextes de production.

Un parcours thématique au sein d’un lieu patrimonial

Déployée dans les espaces du Château Borély, l’exposition adopte une organisation thématique qui met en regard les deux courants.

Certaines sections explorent les motifs caractéristiques de l’Art nouveau — nature, monde marin, figure féminine — tandis que d’autres s’attachent à la modernité urbaine et aux formes stylisées de l’Art déco. Ce dialogue est renforcé par la diversité des œuvres présentées : mobilier, céramiques, verreries, objets de voyage, créations de mode, peintures et dessins.

Marseille, carrefour des influences

Au-delà de l’évolution des styles, l’exposition met en évidence le rôle de Marseille comme point de convergence des influences artistiques. Port ouverte sur la Méditerranée, la ville s’inscrit dans des réseaux d’échanges favorisés par les liaisons ferroviaires et maritimes. Elle participe ainsi à la diffusion des modèles esthétiques et à leur adaptation dans un contexte local.

Les productions des ateliers de céramique marseillais ou d’Aubagne dialoguent avec les œuvres d’artistes liés à la cité, révélant une appropriation régionale des grands courants décoratifs.

Une lecture renouvelée des collections

L’exposition s’appuie sur les collections des musées de Marseille, enrichies par des prêts d’institutions nationales et internationales.

Cette confrontation permet de replacer les œuvres dans une histoire élargie des arts décoratifs, tout en valorisant la richesse du patrimoine local. La place accordée à la mode souligne également l’évolution des usages et des représentations, notamment à travers la transformation des silhouettes féminines entre Belle Époque et années 1930.

Entre continuités et ruptures

En mettant en regard Art nouveau et Art déco, l’exposition interroge les notions de transition, de rupture et de réinvention.

Elle montre comment, au-delà des oppositions formelles, ces deux courants participent d’un même mouvement de modernisation des arts décoratifs, où se redéfinissent les relations entre création artistique, production et usages.