Pilotée par l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, la création des six nouveaux vitraux contemporains destinés aux chapelles du bas-côté sud de la nef franchit une étape décisive. Réalisées par l’Atelier Simon-Marq d’après les cartons de l’artiste Claire Tabouret, les verrières devraient être installées dans la cathédrale à l’automne 2026, avant leur dévoilement au public en décembre.

Un peu plus d’un an après la réouverture de Notre-Dame de Paris, le vaste chantier de restauration du monument se poursuit. Parmi les opérations engagées figure la création de six vitraux contemporains destinés aux chapelles du bas-côté sud de la nef. Présenté le 23 juillet à Reims, l’état d’avancement de leur fabrication marque une nouvelle étape dans ce projet conduit par l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage de l’ensemble des travaux de restauration de la cathédrale.

Une commande inscrite dans le chantier de restauration

La réalisation de ces nouvelles verrières s’inscrit dans le programme de restauration et de mise en valeur engagé après l’incendie de 2019. L’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris assure le pilotage de cette opération, depuis la consultation artistique lancée par le ministère de la Culture jusqu’à la fabrication et à la future pose des vitraux.

À l’issue de cette consultation, le projet porté par Claire Tabouret et l’Atelier Simon-Marq, à Reims, a été retenu. Les six verrières prendront place dans les chapelles dédiées à Saint-Joseph, Sainte-Clotilde, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Geneviève, Saint-Denys et Saint-Paul-Chen. Elles illustreront le thème de la Pentecôte, dans le respect du programme iconographique défini par le cahier des charges de l’opération.

Les savoir-faire des maîtres-verriers mobilisés

Fondé en 1640, l’Atelier Simon-Marq est aujourd’hui chargé de donner corps aux créations de Claire Tabouret. Après la réalisation des cartons grandeur nature, les maîtres-verriers mettent en œuvre les différentes étapes traditionnelles de fabrication : découpe des verres, peinture, cuisson, sertissage au plomb et assemblage des panneaux. Ce travail, qui mobilise des techniques transmises depuis plusieurs siècles, illustre la place essentielle des métiers d’art dans les grands chantiers patrimoniaux. Le chantier est aujourd’hui largement avancé, avec plus des deux tiers des verrières déjà réalisés.

Concilier création contemporaine et respect du monument

Le projet ne consiste pas seulement à créer de nouveaux vitraux. Il s’inscrit dans une démarche patrimoniale visant à intégrer une œuvre contemporaine tout en respectant les caractéristiques architecturales de la cathédrale. Les nouvelles verrières conserveront notamment le réseau de plomb ainsi que la serrurerie existante. Cette approche permet de préserver la composition architecturale de la nef tout en inscrivant une création du XXIᵉ siècle dans un monument dont l’histoire s’est construite au fil des époques.

Les six verrières remplaceront les grisailles réalisées au XIXᵉ siècle. Déposées, celles-ci feront l’objet d’une restauration avant d’être présentées au public : quatre rejoindront le château de Pierrefonds, tandis que les deux autres seront conservées par la Cité de l’architecture et du patrimoine, garantissant ainsi leur préservation et leur transmission.

Une nouvelle étape pour Notre-Dame

Prévue à l’automne 2026, la pose des nouveaux vitraux constituera une nouvelle étape du chantier conduit par l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris. Au-delà de la création artistique, cette opération illustre la capacité des grands chantiers patrimoniaux à faire dialoguer patrimoine et création contemporaine, tout en mobilisant des savoir-faire d’exception. Elle rappelle également le rôle essentiel des maîtres-verriers dans la conservation et l’évolution des monuments historiques, où chaque intervention s’inscrit dans une histoire séculaire sans jamais interrompre la transmission des techniques et des métiers.

Photo : Romaric Toussaint ©Rebâtir Notre-Dame de Paris