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Patrimoine et proximité : Expérimentations locales

Loriol : Patrimoine et Convivialité

En 2015, un projet « contrat de ville » est signé avec les services de l’État, de la Région et du département pour traiter les enjeux de cohésion sociale, de renouvellement urbain et du développement économique de cette commune drômoise de 6 500 habitants. Dans ce cadre, un plan spécifique « façades » doit inciter les habitants à refaire leurs enduits. « Malheureusement, le centre-ville appartient en partie à des loueurs peu enclins à engager des travaux », confie Bernard Leborne, président des Maisons paysannes de la Drôme. C’est ainsi qu’est née l’idée d’organiser une action collective de rénovation des volets avec les habitants. L’opération a reçu le soutien de l’ABF qui a validé les quatre couleurs d’échantillons de peinture économique, réalisée à partir de composants naturels, d’ocre et de farine. Une demande d’autorisation de travaux groupée a allégé la procédure. Lors de la première édition en 2017, douze propriétaires se sont lancés dans l’aventure pour seize bâtiments et une centaine de paires de volets. À la charge de la mairie : la dépose et la repose des volets avec une nacelle. Pour les familles : le travail de peinture. Les habitants, de 4 à 80 ans, se sont réunis sur deux week-end pour accomplir la tâche : le premier pour nettoyer, poncer et réparer les volets, le deuxième pour passer les deux couches de peinture.
Des associations sont venues à leur aide : Maisons paysannes et la Grande Graine. « À chaque fois, ce fut l’occasion d’une grande fête sur la place du village, de repas partagés, de rencontres et d’échanges », raconte Bernard Leborne. L’initiative de 2017 fut un succès, elle a été reconduite
en 2018 et est en préparation pour 2019.

Peinture des volets sur la place du village de Loriol (26). Quatre couleurs d’échantillons ont été validées par l’ABF : abricot, sienne, rouge et vert foncé.
Peinture des volets sur la place du village de Loriol (26). Quatre couleurs d’échantillons ont été validées par l’ABF : abricot, sienne, rouge et vert foncé.
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Repas partagé dans les rues du village de Loriol.
Photos : B.Leborne
Repas partagé dans les rues du village de Loriol. Photos : B.Leborne

Mouchamps : Patrimoine et Pédagogie

Dans le bocage vendéen, la Petite Cité de Caractère Mouchamps s’est dotée depuis 2014 d’un sentier de découverte des richesses patrimoniales de la commune. Depuis juin 2017, les jeunes générations sont associées au parcours, car, à l’initiative du conseil municipal des enfants, la balade est désormais à la portée de tous. « Ce sont les enfants élus qui sont à l’origine de ce projet, précise Karine Guerry, animatrice au sein du service Enfance Jeunesse de la ville de Mouchamps, la réalisation de cette opération a pris tout leur mandat : une année scolaire complète. » Les 21 stations du chemin sont désormais expliquées aux plus jeunes qui peuvent découvrir le patrimoine de manière ludique. « Le patrimoine forge l’identité de la commune. C’est très important que les enfants s’approprient cette histoire, qu’ils comprennent l’intérêt de ce parcours ; et maintenant, ils ne sont plus seulement spectateurs, mais acteurs de la préservation et la valorisation du patrimoine », développe Annie Gaborio, adjointe au maire de Mouchamps.

Église Saint-Pierre de Mouchamps et cœur ancien de la commune vendéenne.
Photo : J-P Berlose
Église Saint-Pierre de Mouchamps et cœur ancien de la commune vendéenne. Photo : J-P Berlose
Élèves sur le parcours du patrimoine de Mouchamps (85).
Photo : Ville de Mouchamps
Élèves sur le parcours du patrimoine de Mouchamps (85). Photo : Ville de Mouchamps

Quintin : Patrimoine et Festivités

Organisé autour de son château, le village de Quintin, dans les Côtes-d’Armor, met en œuvre depuis 30 ans une collaboration fructueuse avec les Petites Cités de Caractère de France. Cette alliance a permis de développer des festivités qui rythment la vie des quelque 3 000 habitants, attirent des visiteurs et encouragent la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Cette année, à l’occasion des Journées des métiers d’art, le château a accueilli une vingtaine d’exposants : métallier-ferronnier d’art, charpentier-couvreur, campaniste, tailleur de pierre, sculpteur sur bois, sculpteur sur terre, horloger, restauratrice de meubles, potière, mosaïste, vitrailliste, tisseuse, brodeuse, dentellière au fuseau, brodeuse de Lunéville, empailleur, caneur… Autant de savoir-faire qui sont menacés de disparition aujourd’hui. La manifestation a réuni 1 700 personnes sur le week-end et 190 scolaires le vendredi, venus assister aux démonstrations des professionnels. « Cette transmission des savoir-faire constitue un enjeu important pour nous et nous aimerions recevoir des artisans d’art toute l’année : c’est un projet en cours de développement », confie Caroline de Bagneux, gérante du château de Quintin. La question de l’organisation et de l’animation de tels évènements repose sur une volonté municipale bien sûr, mais également sur la motivation des bénévoles… « Nous possédons heureusement de nombreuses associations à Quintin et nous pouvons compter sur un fort mécénat, notamment du Crédit Agricole qui s’investit auprès de nous de manière très humaine », conclut Caroline de Bagneux.

Journées des métiers d’art 2018, château de Quintin (22).
Journées des métiers d’art 2018, château de Quintin (22).

Joinville : Patrimoine et Revitalisation

Depuis 2012, la Ville de Joinville, en Haute-Marne développe une politique de revitalisation du centre bourg, qui se poursuit depuis 2015 dans le cadre de l’AMI de revitalisations des centres bourgs mises en place par l’État. Il s’agit d’une démarche globale, s’appuyant sur le patrimoine, qui se décline sur les volets habitat, commerce et socio-culturel. « Nous avons engagé une campagne de ravalement des façades du centre-ville », explique Noémie Faux, chargée de mission patrimoine. Un fonds commun d’investissement avec la région Grand-Est, mais également une subvention municipale encouragent les propriétaires privés à restaurer leur façade et leurs menuiseries, auxquelles s’ajoutent les subventions permises par la mise en place d’une OPAH-RU (Opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain). Cette opération sert l’habitat, mais également le commerce, puisqu’un règlement particulier pousse les commerçants à soigner leur devanture : « Un artiste installé à Joinville, Yan Denes (de réputation internationale pour ses dessins de Ferrari notamment), s’est saisi du projet et propose des enseignes peintes à l’ancienne », raconte Noémie Faux. Pour dynamiser la démographie, la municipalité organise pour la deuxième fois l’opération « Osez Joinville ». Sur un week-end du mois de mai, la Ville ouvre tous les biens à vendre du centre historique, pour faire la promotion du cadre de vie et encourager les gens à venir s’installer. « En 2017, nous avons reçu 600 visiteurs et avons connu une forte augmentation des ventes immobilières durant l’année qui a suivi », déclare Noémie Faux. Cette politique de revitalisation passe aussi par la mise en lumière du patrimoine de la ville, comme celle du portail Renaissance de l’église Notre-Dame, restauré en 2017 ainsi que les ponts et passerelles qui enjambent le bief de la Marne qui traverse la commune.

Mise en lumière de la ville.
Photos : Pierre Hervet
Mise en lumière de la ville. Photos : Pierre Hervet
Maison rue des Royaux à Joinville (52) avant.
Maison rue des Royaux à Joinville (52) avant.
Maison rue des Royaux à Joinville (52) après.
Maison rue des Royaux à Joinville (52) après.