Présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine, l’exposition Patrimoines en résistance : de Tombouctou à Odessapropose une lecture contemporaine des atteintes portées au patrimoine en contexte de conflit, tout en mettant en lumière les démarches de sauvegarde et de reconstruction.

Conçue comme un véritable récit documentaire, l’exposition rassemble cartes, maquettes, photographies, œuvres contemporaines et reconstitutions numériques pour interroger le rôle du patrimoine dans les zones de guerre. Elle s’appuie notamment sur les travaux de modélisation menés par l’organisation Iconem, offrant une restitution précise de sites endommagés ou détruits.

La falaise aux bouddhas de Bâmiyân, Afghanistan, 7 juillet 2008 © Shah Marai / AFP

Effacer, résister, réparer

Le parcours s’articule autour de trois temps – effacement, résistance et réparation – qui structurent la réflexion proposée au visiteur. De Tombouctou à Odessa, en passant par Bâmiyân ou Mossoul, l’exposition montre comment les conflits contemporains prennent le patrimoine pour cible, dans une logique d’effacement culturel autant que territorial.

La destruction des mausolées de Tombouctou en 2012, qualifiée de crime de guerre, ou les bombardements récents ayant touché des édifices majeurs à Odessa illustrent cette réalité. Mais au-delà du constat, l’exposition met en avant les initiatives de sauvegarde, les reconstructions et les démarches scientifiques qui permettent de documenter et parfois de restaurer ces sites.

Un patrimoine au cœur des enjeux contemporains

En croisant les regards d’architectes, de chercheurs, d’artistes et d’acteurs de terrain, l’exposition dépasse la simple dimension patrimoniale pour interroger les enjeux politiques, culturels et symboliques de ces destructions. Le patrimoine apparaît ici comme un marqueur identitaire majeur, dont la disparition ou la reconstruction participe directement à la mémoire collective et aux dynamiques de reconstruction des sociétés.

Cette approche sensible et documentée met également en évidence l’évolution des outils de conservation, notamment à travers le recours aux technologies numériques, devenues essentielles pour archiver, analyser et transmettre les traces des sites menacés ou disparus.

Une exposition ancrée dans l’actualité

En abordant des situations encore en cours, l’exposition s’inscrit dans une actualité immédiate. Elle rappelle que les questions de protection du patrimoine ne relèvent plus uniquement de l’histoire, mais constituent un enjeu contemporain majeur, à la croisée des politiques culturelles, des conflits internationaux et des stratégies de reconstruction.

  • Dates : du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027
  • Lieu : Cité de l’architecture et du patrimoine
  • Site internet : www.citedelarchitecture.fr