À la rentrée 2026, École nationale des ponts et chaussées et Cité de l’architecture et du patrimoine lancent conjointement un Mastère Spécialisé® intitulé « Réhabilitation énergétique du bâti ancien ». Portée par l’École de Chaillot, département formation de la Cité, cette nouvelle formation vise à répondre aux enjeux croisés de conservation patrimoniale et de transition environnementale appliqués aux édifices construits avant 1948.

Port de Tréguier (Côtes d’Armor) © Martin Bacot, ACMH agence Archipat et Laura Pichon, architecte du patrimoine, agence NDA. Travaux d’études à l’École de Chaillot

La première promotion est attendue en septembre 2026, en présentiel, au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Le programme s’adresse aux architectes, ingénieurs de bureaux d’études, maîtres d’ouvrage publics et privés, dirigeants d’entreprises du bâtiment ou encore asset managers, avec une approche pluridisciplinaire combinant technique, patrimoine et opérationnel.

Labellisé par la Conférence des Grandes Écoles, le mastère bénéficie du soutien du ministère de la Culture ainsi que de nombreux acteurs institutionnels et professionnels du secteur, parmi lesquels le CSTB, le Cerema, l’Alliance HQE-GBC, ICOMOS France ou encore le Groupement des entreprises de restauration des Monuments Historiques.

Concilier exigence patrimoniale et performance environnementale

Face à l’accélération du changement climatique et à la nécessité de transformer durablement le parc bâti existant, cette formation ambitionne de former une nouvelle génération de professionnels capables d’intégrer sobriété, décarbonation, résilience et respect des architectures anciennes. Le patrimoine est ici abordé comme un système vivant, nécessitant des interventions compatibles avec ses matériaux, ses usages et ses équilibres hygrothermiques.

Le mastère repose sur une vision globale de la réhabilitation, intégrant notamment la réduction de l’empreinte carbone des travaux, la gestion responsable de l’eau et de la biodiversité, la circularité et le réemploi des matériaux, ainsi que la conception de solutions robustes et réversibles. Il s’agit également de replacer chaque projet dans une lecture territoriale, culturelle et écologique cohérente.

Dirigé par Dominique Naert, expert reconnu du domaine, le programme est adossé à un comité scientifique et pédagogique co-présidé par Eric Pallot, architecte en chef des monuments historiques honoraire et président d’ICOMOS France, et Jean-Marc Zuretti, directeur de l’École de Chaillot.

Une pédagogie ancrée dans le terrain

Structuré autour de 11 modules représentant plus de 400 heures de formation en présentiel, le Mastère Spécialisé® REBA combine apports théoriques, ateliers collaboratifs, diagnostics réels, visites de sites, retours d’expérience et pédagogie inversée. Trois objectifs principaux guident le parcours : comprendre les spécificités du bâti ancien, concevoir des solutions de réhabilitation énergétique compatibles avec la préservation patrimoniale, et intégrer les dimensions réglementaires, économiques, sociales et environnementales des projets.

La formation mobilise un large panel d’intervenants, réunissant ingénieurs spécialisés, architectes du patrimoine, architectes en chef des monuments historiques, architectes des Bâtiments de France, chercheurs et responsables institutionnels. À l’issue du cursus, les participants valident leur diplôme par la soutenance d’une thèse professionnelle.

Par son positionnement spécifique, ce nouveau mastère vient compléter l’offre existante et apporter une réponse structurée à un enjeu majeur : accompagner la transformation énergétique du bâti ancien sans compromettre ses valeurs historiques et culturelles.

Photo de couverture Hôtel particulier des Qu’âtres Louvres, site étudié à Chaumont © École de Chaillot