Le Château de Versailles présente au Grand Trianon l’exposition “Jardins des Lumières, 1750-1800”, consacrée à l’émergence du jardin paysager au XVIIIe siècle. À travers près de 160 œuvres, le parcours propose une relecture de cette évolution majeure dans l’histoire des formes et des sensibilités.

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), Fête à Saint-Cloud,1775/1780, huile sur toile ©Banque de France
Du jardin ordonné au paysage sensible
L’exposition retrace le passage du jardin à la française, fondé sur la symétrie et la maîtrise géométrique, vers une conception plus libre et narrative du paysage. Inspiré des modèles anglais apparus dès les années 1730, ce nouveau type de jardin privilégie :
- des tracés sinueux
- une composition apparemment naturelle
- une mise en scène des reliefs et de l’eau
Ces « jardins anglais » ou « anglo-chinois » traduisent une évolution du rapport à la nature, désormais perçue comme source d’émotion et de contemplation.
Un paysage construit comme un récit
Le jardin devient alors un espace de déambulation, conçu comme une succession de tableaux. Fabriques, grottes, temples ou pagodes ponctuent le parcours et composent un univers mêlant références : antiques, orientales et européennes.
Ces éléments participent à une mise en scène du paysage, où le visiteur est invité à voyager à travers les cultures et les imaginaires.
Une esthétique nourrie par les Lumières
Cette transformation s’inscrit dans le contexte intellectuel du XVIIIe siècle. Les idées des Lumières, et notamment l’influence de Jean-Jacques Rousseau, imprègnent ces jardins conçus comme des espaces de réflexion, de promenade et de rêverie.
Le paysage devient ainsi un langage, à la fois sensible et philosophique.
Un art de vivre renouvelé
L’exposition met également en lumière l’évolution des usages liés au jardin. À la fin de l’Ancien Régime, ces espaces favorisent une nouvelle sociabilité :
- pratiques de plein air
- évolution du mobilier et des accessoires
- transformation des codes vestimentaires
Le jardin s’impose comme un lieu d’intimité et de représentation, entre nature et artifice.
Le Trianon, terrain d’expérimentation
Le domaine de Trianon constitue un exemple emblématique de cette mutation. À partir de 1774, Marie-Antoinette engage la transformation du Petit Trianon en jardin paysager, avec l’architecte Richard Mique. Lacs, rivières, fabriques et paysages recomposés donnent naissance à un ensemble cohérent, dont subsistent aujourd’hui des éléments majeurs :
- le Belvédère
- le temple de l’Amour
- le Hameau de la Reine
Une expérience prolongée dans les jardins
L’exposition invite enfin le visiteur à prolonger son parcours dans les jardins de Trianon, où ces principes paysagers demeurent lisibles. Elle rappelle également la pérennité de ce modèle à travers d’autres sites, comme Ermenonville ou le parc de Bagatelle.
Plus d’informations :
- Dates de l’exposition : du 5 mai au 27 septembre 2026
- Lieu : Grand Trianon – Château de Versailles
- Site internet : www.chateauversailles.fr
